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Regards sur le travail. Revue dediée à la recherche et aux observations dans le domaine du travail.

Volume 7, n° 1 – Automne 2010
Le salaire minimum au Québec


Sommaire

Mots de la ministre et du sous-ministre

Synthèse et perspectives (par Normand Pelletier)

Résumés de recherches publiées

Articles de fond
Partie 1 : Mise en contexte

Partie 2 : Pauvreté, inégalités et faibles revenus

Partie 3 : Autres aspects du salaire minimum

Démarche vécue en entreprise

Chronique de veille internationale

Article de fond

Salaire minimum, pauvreté et emploi : à la recherche du « compromis idéal »

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par Pierre Fortin

Cet article présente l’évolution du salaire minimum depuis 40 ans au Québec comme une recherche de compromis entre deux objectifs qui entrent en conflit : d’une part, établir et maintenir le salaire minimum au plus haut niveau possible afin de réduire les inégalités salariales et la pauvreté des familles et, d’autre part, éviter de l’augmenter au point de réduire exagérément l’emploi des travailleurs au bas de l’échelle salariale. Depuis 1997, le compromis a consisté à stabiliser le salaire minimum autour de 45 % du salaire moyen des employés payés à l’heure. On démontre qu’en 2009 cette politique soutenait bel et bien le revenu des travailleurs qui détiennent effectivement un emploi payé au salaire minimum et qu’elle améliorait, parmi les familles ayant de faibles moyens, la participation à la richesse collective. En 2009, le revenu annuel disponible tiré d’un emploi à plein temps au salaire minimum a dépassé de 1 000 à 3 000 $ tous les seuils de pauvreté après impôt et transferts pour personne seule qui sont habituellement utilisés. Toutefois, on observe que l’effet négatif du salaire minimum sur l’emploi au Canada demeure important. De nouvelles estimations de la sensibilité de l’emploi aux variations du salaire minimum indiquent que chaque hausse de 1 % du rapport entre le salaire minimum et le salaire moyen entraînerait une baisse estimative de 8 000 emplois au Québec. Le passage du salaire minimum de 40 % à 45 % du salaire moyen a ainsi pu réduire l’emploi au Québec de plusieurs dizaines de milliers de postes. L’effet dommageable pour l’emploi étant plus important qu’on le croyait, on conclut que le rapport de 45 % entre le salaire minimum et le salaire moyen doit être considéré comme une borne supérieure à ne pas dépasser et qu’un retour progressif vers les 42 % ou 43 % pourrait même être envisagé.