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Regards sur le travail. Revue dediée à la recherche et aux observations dans le domaine du travail.

Volume 9, numéro spécial - Forum 2012
Printemps 2012 -
Édition revue et augmentée


Sommaire

Mot de la rédaction

Mot du sous-ministre adjoint aux politiques et à la recherche

Thème 1 : Le climat de travail au Québec : regards sur le chemin parcouru

Thème 2 : Les conditions de travail au Québec dans un contexte de mondialisation

Thème 3 : La représentation collective et les autres formes d'expression des employés : quelles perspectives?

Thème 2 : Les conditions de travail au Québec dans un contexte de mondialisation

Évolution de la qualité de l’emploi au Québec pour différents groupes de travailleurs : résumé des changements survenus sur le marché du travail depuis la fin des années 1990

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Par Luc Cloutier-Villeneuve

Résumé

Les résultats présentés dans ce texte montrent que la qualité de l’emploi au Québec s’est améliorée de façon notable entre les années 1997 et 2010. La hausse remarquable de l’emploi de qualité élevée, tant en nombre qu’en pourcentage (307 000; 50 %), témoigne bien de ce changement. En conséquence, la part d’emplois de qualité supérieure s’est accrue tandis que celle des emplois de qualité faible a baissé sur la période.

Plus spécifiquement, on a vu que ces changements ont été observés surtout chez les femmes et se sont traduits par une plus grande baisse de leur présence dans les emplois de qualité faible. Les jeunes travailleurs ont également vu leur situation s’améliorer de façon notable avec une baisse importante de leur part dans les emplois de qualité moindre (13 points). Les travailleurs plus âgés ont également fait des progrès, notamment les 25-44 ans, qui ont vu leur proportion d’emplois de qualité élevée s’accroître de 9 points. Les résultats portant sur le niveau d’études ont révélé par ailleurs que les travailleurs peu ou moins scolarisés n’ont pas véritablement connu de gains au chapitre de la qualité de l’emploi, contrairement à ceux ayant fait des études postsecondaires. Enfin, on a vu aussi une amélioration chez les travailleurs ayant une durée d’emploi moindre (moins de 10 ans) entre 1997 et 2010.

Sur le plan de la couverture syndicale, on a constaté des avancées autant chez les travailleurs syndiqués que non syndiqués. Il convient de noter que ce dernier groupe a fait des gains plus appréciables pour ce qui est des emplois de qualité élevée (9 points contre 4 points). De plus, la baisse de la présence d’emplois de qualité faible s’est surtout produite dans les établissements de moindre taille (moins de 100 employés), et c’est dans ces mêmes établissements que la hausse de la proportion d’emplois de qualité élevée s’est manifestée en très large partie. Les résultats selon l’industrie ont été spectaculaires avec l’accroissement très important de la part de l’emploi de qualité élevée dans les industries regroupées de la finance (16 points), dans celle des services professionnels, scientifiques et techniques (15 points) et dans celle de la construction (13 points). Ajoutons que la réduction de 12 et 11 points de la proportion d’emplois de qualité faible, respectivement dans l’industrie de l’hébergement et des services de restauration et dans celle de la fabrication, ressort de l’analyse.

Les tendances à venir en matière de qualité de l’emploi demeurent cependant incertaines. En effet, les besoins qui devraient s’accroître dans les prochaines années, en raison notamment des nombreux départs à la retraite, pourraient favoriser une meilleure qualité de l’emploi, tout comme le rehaussement des qualifications de la main-d’œuvre. Par contre, la reprise économique qui semble toujours fragile et les turbulences observées depuis un certain nombre d’années dans les industries des biens pourraient avoir un effet inverse sur l’évolution générale de la qualité de l’emploi.